La Toussaint et jour des Morts : des rites à réinventer

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Publié le 16 octobre 2016

Rédaction : NosRituels.com

La Toussaint et jour des Morts : des rites à réinventer

Dans la tradition chrétienne, le mois de novembre est consacré aux défunts. La Toussaint, le 1er novembre, souligne la fête de tous les saints et martyrs. Quant au jour des Morts, le 2 novembre, il est commun à tous les défunts. Si le jour des Morts revêtait une grande importance autrefois, c’est moins le cas désormais. Pourtant, voilà une occasion propice pour se réunir et évoquer la mémoire du défunt, nettoyer et refleurir son monument funéraire, mais aussi, à l’instar des Mexicains avec leur Dia de los Muertos, partager un repas avec nos proches et tenter de mettre un peu de lumière dans nos souvenirs. Tout simplement, on peut allumer une chandelle chez soi et se rappeler les moments vécus auprès de cette personne qu’on aimait et réfléchir à ce qu’elle nous a légué.

Se rappeler des êtres aimés…

Lorsqu’un être cher nous est enlevé, chacun réintègre la sphère privée de son deuil après les cérémonies d’adieu d’usage et la distribution des objets lui ayant appartenu. C’est un temps où l’on se remémore ce que la personne disparue représentait pour nous. Prendre le temps de vivre son deuil, c’est se donner les moyens de revivre. De cette période naissent aussi des rituels de commémoration qui chériront la mémoire de cette personne qui nous était précieuse.

Si la tradition catholique a longtemps été de « faire chanter une messe » aux anniversaires d’un défunt – une tradition qu’évitent par ailleurs les protestants –, de nombreux autres rites de commémoration peuvent être créés pour se recueillir et honorer son legs.

Le temps passe, mais le souvenir demeure…

Le premier anniversaire du décès d’une personne chère ravive les souvenirs. Certaines familles décident même d’attendre ce moment pour disperser les cendres et organiser une cérémonie hommage. Car même si le temps passe, cette personne est encore présente en nous. Réalisateur d’un documentaire sur l’industrie de la mort, le comédien Stéphane Crête le soulignait à juste titre dans la revue Profil, au printemps 2009 : « Une fois que le corps est enterré, ce n’est pas fini, c’est seulement la première étape. La mort c’est une séparation et tout ne peut se régler en une seule fois. Ce serait bien de prévoir se réunir à nouveau lors d’un brunch quelque temps après, juste pour laisser aller d’autres petits bouts, pour parler du défunt et de ce qu’on a sur le cœur. Au cinquième anniversaire de décès d’une amie, on a décidé de souligner l’événement. Elle était linguiste et elle aimait beaucoup peindre. Alors, on a demandé à tout le monde de lui offrir un poème, un dessin ou un texte afin d’en faire un petit magazine. On a organisé une sorte de lancement et une copie a été remise à chacun. C’était notre façon de montrer qu’on ne l’avait pas oubliée et qu’elle était encore chère à nos yeux. »

En guise d’hommage, quelques rituels de commémoration

Participer à une activité de commémoration. Magnus Poirier organise chaque année une messe commémorative à la mémoire des défunts. Plusieurs organisations tiennent aussi des activités destinées à souligner le courage des personnes décédées des suites de maladies graves ou de cancer, comme la marche au flambeau du Relais pour la vie, un événement organisé en juin par la Société canadienne du cancer. C’est à la fois une aventure, un moment de recueillement et une manière d’appuyer la recherche sur ces maladies.

Se créer un reliquaire, soit une boîte-souvenir ou un coffret précieux où on logera une mèche de cheveux, des photos, des lettres échangées, etc. Tout à côté, on placera une bougie qu’on allumera au besoin, lorsque l’on désire communier en pensée avec cette personne.

Planter un arbre, un arbuste ou un rosier, pour souligner le premier anniversaire de décès d’un proche.

Créer une œuvre d’art ou un bijou. Il est aussi possible de confier quelques grammes de cendres à un artisan qui créera un bijou-reliquaire. Un vêtement qui apportait du réconfort peut aussi être transformé en revêtement de coussin, un dessin reproduit sur une toile, etc.

Préparer un album ou une vidéo-souvenir. Réunir des proches autour d’une activité de scrapbooking ou de conception d’une vidéo hommage peut être l’occasion de se rappeler des souvenirs heureux, des anecdotes qui font sourire, malgré tout.

Se réunir dans un lieu qui était significatif pour elle ou lui. On peut aussi, à l’inverse, s’isoler pour quelques jours à ce même endroit, histoire de faire le point sur la relation que l’on avait avec cette personne.

Contribuer à une cause qu’elle soutenait. Donner annuellement à une fondation ou faire du bénévolat pour une cause qui lui tenait à cœur contribue à nourrir la flamme du souvenir. On peut même créer une fondation en son honneur. Pour en savoir plus : Fondations communautaires du Canada.

Laissez-vous inspirer par la personnalité du défunt afin de trouver les gestes qui procureront un apaisement. Les rites de commémoration doivent refléter son histoire de vie avec respect et dignité. Car c’est justement ce qui fait l’unicité de cette personne qui restera gravé dans notre cœur.

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