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Psychogénéalogie : comment tourner la page au destin familial ?

Publié le 1 janvier 2011
Rédaction : NosRituels.com

Lorsque survient la mort d’un membre de la famille, la visite au salon funéraire suscite des histoires et des commentaires sur la personne décédée et sur sa famille. À quelques pas du cercueil ou de l’urne, les générations discutent ensemble, partagent et transmettent des histoires riches qui concernent des façons d’être ou d’agir caractéristiques des membres de la « tribu ». On entend parfois une anecdote qui nous était inconnue ou qui refait surface après des décennies : « Il était bien comme son père, un rêveur avec des projets toujours intéressants, mais qui n’aboutissaient pas. Tu te souviens de la fois… ». Il serait avantageux d’être conscient de ce qu’on partage, car on peut y trouver la clé pour des changements désirables.

Il y a de plus en plus de thérapeutes qui découvrent l’or dans ces histoires de famille et estiment judicieux d’en prospecter la valeur. C’est le cas d’Anne Ancelin Schützenberger. Malgré son grand âge, elle donne encore des conférences sur la psychogénéalogie, une approche qu’elle a créée pour mieux comprendre notre histoire familiale de manière à nous en libérer et vivre selon nos désirs. On peut ainsi choisir d’honorer ce qui mérite de l’être… et laisser de côté le reste.

Au Québec, Galina Husaruk pratique cette approche comme thérapeute spécialisée dans le transgénérationnel. Depuis quelques années, elle accompagne des personnes qui, ne sentant pas qu'elles s'accomplissent dans leur vie, choisissent de trier les traditions, les patterns ou les croyances de leur famille afin de se libérer de ce qui appartient à une autre génération.

Mme Husaruk explique la force de la psychogénéalogie : « Nous ressemblons socialement à des animaux qui se regroupent pour leur survie. On sait que la brebis qui s’éloigne du troupeau risque fort d’être la proie d’un aigle ou d’un loup. L'être humain, né de l'espèce la plus lente à atteindre l'âge adulte, doit aussi sa survie à son premier clan : la famille. Le sentiment d’appartenance est d’ailleurs un des besoins fondamentaux dans la classique pyramide des besoins de Maslow. Or, pour renforcer ce sentiment d’appartenance, une loyauté inconsciente s’installe dès le jeune âge. D’ailleurs, on surnomme souvent mouton noir la personne qui adopte un comportement différent de celui de la famille. En somme, on va tout faire pour appartenir au clan familial, voire même répéter inconsciemment un destin difficile, comme l’alcoolisme, la faillite ou une mort violente. »

Il devient donc encore plus précieux de faire un travail de conscientisation afin de mettre fin aux répétitions inconscientes entre les générations. Ainsi, la prochaine fois que vous allez dans un salon funéraire, observez comment les gens s’associent avec fierté ou rejettent des croyances, des valeurs et des traditions familiales. Portez attention aux commentaires du genre: « Tout comme sa mère et sa grand-mère, elle s’est dévouée toute sa vie pour les autres. », « Elle aurait bien voulu faire du théâtre, mais quand on vient d’une famille d’entrepreneurs… » ou encore « Dès qu’il avait l’air de réussir, une malchance lui tombait dessus, comme son père et son oncle Gérard. »

D’après Galina Husaruk, il est primordial de reconnaître les destins difficiles des défunts et des vivants, puis de prendre pleinement conscience que ces destins leur appartenaient. « La meilleure façon de ne pas répéter l’histoire d’un parent, c’est de l’honorer. On nomme les choses, on peut prendre une qualité ou une façon de penser de cette personne, mais on lui laisse le reste. C’était son histoire à elle ou à lui et elle est terminée », précise la thérapeute.

Madame Husaruk est persuadée que ce n’est pas à nous de solutionner les problèmes de ceux ou celles qui nous précèdent : « Les parents nous ont transmis la vie et c’est l’essentiel. Ils ont donné ce qu’ils pouvaient et c’est à nous d’aller chercher ailleurs ce qu’on n’a pas eu afin d’être plus aptes à donner à nos enfants. Ce n’est pas l’inverse.»

Ainsi, elle voit des clients se charger d’un destin familial comme d’un fardeau écrasant.. Par exemple, une fille qui répète le genre de relation amoureuse de sa mère, imprégnée d’une sorte de culpabilité inconsciente face aux malheurs de celle-ci. Elle a vu des clients se libérer rapidement de problèmes lorsqu’ils ont vraiment senti que c’était ceux d’une autre personne et non les leurs.

La psychogénéalogie est une approche qui procure une grande libération. « Pensez plutôt que les morts demandent à leurs survivants de vivre pleinement et d’oser faire ce qu’il faut pour être heureux », conclut Mme Husaruk.

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