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Survivre à la perte de sa douce moitié
Survivre à la perte de sa douce moitié
Soudain, le couple n’existe plus. La mort sépare ceux qui étaient unis et qui partageaient leur quotidien depuis des années. On se retrouve alors seul(e) avec la souffrance et on se sent mélangé(e) dans nos émotions.
Les experts du deuil s’entendent sur les étapes qui suivent la mort d’un être cher : choc, déni, expression des émotions, et ainsi de suite jusqu’à la fin du cheminement des endeuillés. Pourtant, pour chaque personne qui avance sur cette route solitaire, l’expérience est unique et possède son propre rythme, affirme la psychologue Magda Badran.
L’absence de l’autre crée un vide qui dérange. Même dans les cas où l’amour n’était plus vivant, il y avait un attachement. L’autre avait des responsabilités et jouait certains rôles dans la vie commune. Ce partage des tâches et ce que l’autre représentait donnaient un sens à la vie. Il y avait un contact, des conversations, même banales, un partage du lit ou des repas. Il faudra recréer une nouvelle façon de vivre et retrouver son identité sans l’autre.
Selon Magda Badran, prendre conscience de tout cela est déstabilisant : « Après le choc, il y a beaucoup d’émotions bouleversantes. C’est normal et naturel que la personne ait besoin de raconter son histoire, parfois plusieurs fois. Si elle prend contact avec ses émotions, cela l’aidera peu à peu à les libérer. »
Madame Badran a travaillé avec Jean Monbourquette, qui a étudié le processus du deuil : « Durant la période qui entoure les funérailles, il y a beaucoup d’activités et de monde. Toutefois, après les funérailles, les endeuillés reçoivent en général moins de soutien et ils peuvent se sentir inconfortables à l’idée de demander de l’aide, de peur d’être mal perçus, mal reçus dans cette demande ou de déranger les gens », révèle-t-elle.
Si l’entourage devient impatient et qu’on hésite à se confier, elle suggère de se joindre à un groupe d’entraide ou de communiquer avec un organisme comme la Maison Monbourquette.
Quelques points à retenir :
• Le travail de deuil demande une énorme quantité d’énergie émotive et psychologique, sans compter la fatigue physique, surtout dans le cas d’une longue maladie.
• C’est normal d’avoir de bonnes journées et de glisser tout à coup dans la souffrance. Éventuellement, l’alternance d’espoir et de désespoir va s’atténuer.
• Il est normal de sentir un conflit entre un besoin d’aide et un droit légitime d’autonomie.
• Tourner en rond, oublier des choses, mal dormir ou avoir peu d’appétit font partie de la période de déstabilisation au début du deuil. Si cette situation perdure, il est préférable de consulter. Les rituels peuvent aider à accepter la réalité de la mort et à faciliter le passage graduel vers la guérison.
• Vous avez le droit d’exprimer vos émotions et vos sentiments, que ce soit la tristesse, la colère, la confusion ou le ressentiment. C’est même très sain de le faire plutôt que de ressentir l’obligation d’être fort.
• Osez dire aux gens qu’ils peuvent exprimer leur malaise et leur sentiment d’impuissance au lieu d’offrir des conseils, de servir des banalités ou de rationaliser alors que vous avez besoin de vous exprimer et de vous sentir respectés dans votre cheminement. Respectez votre rythme, malgré l’impatience des gens autour de vous. Cela permet d’éviter un refoulement qui ne ferait que ralentir la guérison.
• Prenez votre temps pour les décisions importantes, car le jugement est altéré. Vous éviterez ainsi de faire des erreurs peut-être coûteuses.
• Nourrissez-vous le mieux possible et faites de l’exercice pour diminuer l’effet du stress.
• N’hésitez pas à demander de l’aide si vous avez trop mal et que vous vous sentez sombrer dans l’isolement.
Quelques signes de la résolution du deuil :
• Votre autonomie retrouvée.
• Des dates « anniversaires » moins douloureuses.
• Une nouvelle identité ou de nouveaux modèles de soi renouvelés.
• La capacité de s’investir socialement et affectivement recouvrée.
Avec le temps et le recul, on arrive à sentir qu’on peut inventer de nouvelles possibilités. Quand la mort nous arrache la personne qu’on aime, elle n’enlève pas le souvenir d’une vie avec cet être aimé. En survivant à l’autre, on possède en soi la richesse que l’autre nous a transmise en évoluant de nombreuses années ensemble.
Nous avons le pouvoir de choisir d’intégrer consciemment les qualités du défunt et ce qu’il nous a apporté. On peut même, jusqu’à un certain point, continuer son œuvre, partager le fruit de ses talents ou de sa pensée, un héritage précieux qui pourrait aussi nous survivre.
Rédaction : NosRituels.com
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